Reverse Factoring Souverain ;
nouveau mode de financement de l’économie pour l’Etat?
Troisième et dernier volet qui expose les opportunités que le Reverse Factoring offre en matière de financement de l’économie française. Grâce à ses atouts et sa flexibilité nouvellement acquise, le Reverse Factoring peut puiser dans diverses sources de financement. De ce fait, tout fournisseur quelle que soit sa situation financière est susceptible d’utiliser cette opportunité de financement. Si ces règles et opportunités concernent le secteur privé, qu’en est-il de l’administration. L’Etat et ses administrations tiennent régulièrement en haleine leurs fournisseurs, notamment avec des réalités de règlement très largement au-delà des délais contractuels et légaux. Les administrations pourraient-elles de ce fait proposer une modalité de paiement anticipé aux PME ? Si tel étaitle cas, faisons un tour rapide de la manière d’organiser un tel dispositif qualifiable de Reverse Factoring Souverain.
Flashback sur le Reverse Factoring dans l’administration
Nous l’avons constaté, le Reverse Factoring est modulable à foison et permet de s’accommoder des exigences de différents secteurs de l’économie. Le secteur public, soumis à un certain nombre de contraintes s’est déjà intéressé au Reverse. Le Ministère de la Défense a même lancé son propre programme en 2006 appuyé sur le financement de 2 établissements français de 1er ordre.
Après d’âpres discussions avec le Ministère des Finances, payeur des créances publiques, un programme qui devait permettre aux dizaines de milliers de fournisseurs d’obtenir un règlement anticipé, a vu le jour.
Malheureusement, un certain nombre de composants ont été disons, négligés et le Reverse Factoring n’a pas été utilisé par les fournisseurs souvent par manque d’information.
Dégradation de la situation
La presse s’est faite l’écho d’une douloureuse mise en place du Système d’Information Chorus destiné aux administrations et ministères, qui a suscité des retards de paiements encore plus conséquents subis par les fournisseurs.
La crise renforça la mise en avant des besoins en trésorerie des entreprises fournisseurs auxquelles l’administration ne peut pas répondre. Le « passage du parapheur », souvent pratiqué dans le privé pour précipiter un paiement est malaisé à pratiquer dans le public car l’acheteur n’est pas le payeur et les procédures doivent être suivies.
Responsabilité sociétale
Si l’Etat ne peut pas maitriser tous les rouages de l’économie, il n’en est pas moins redevable d’une certaine éthique de comportement auprès de ses partenaires ; les entreprises qui le fournissent.
A ce titre, l’administration devrait pouvoir se montrer vertueuse dans la recherche de solutions répondant au besoin de financement des PME françaises.
Des têtes (bien) pensantes sont certainement déjà à l’œuvre mais point de solution ne semble émaner des cabinets capitonnés.
De notre point de vue, obervons les effets d’une mécanique qui permettrait à l’Etat de proposer un accès simplifié et dans des conditions très favorables au financement court terme pour le bénéfice de ses créditeurs.
Le Reverse Factoring « Souverain ?»
Quelle autre appellation pourrait-on donner à un programme mis en place et assumé par un Etat souverain ? Prévoyons que la notion de Factoring serait probablement abandonnée rapidement car trop empreinte de connotations pas toujours valorisante, …pour un Etat.
Quel fonctionnement prévoir ? L’Agence France Trésor emprunte quotidiennement pour le financement de sa dette moyen/long terme auprès d’investisseurs aussi multiples que différents. Ici, il ne s’agit pas pour l’Etat d’emprunter mais de mettre sa bonne signature d’Etat au profit des fournisseurs afin d’obtenir du financement court terme dans des conditions très compétitives.
La mécanique proposerait au fournisseur de choisir des créances et des dates souhaitées de règlement(s). Les demandes cumulées des fournisseurs seraient réunies sous forme de lots. Ces derniers seraient ensuite proposés pour du financement auprès de financiers internationaux. Une transformation de ces créances en un titre commercial reconnu serait à prévoir mais des supports existent déjà pour ce type d’exercice. Ces titres ou certificats conserveraient leur gestion en lots et seraient proposés pour du financement.
Ces lots seraient intégrés dans une mécanique d’enchères proche du principe actuel qui permet déjà à France Trésor de choisir les meilleurs financements possibles en retenant l’offre du mieux disant. Ce dispositif permettrait d’offrir la plus grande compétitivité afin d’assurer le meilleur financement aux fournisseurs de l’Etat.
Le financier évaluerait son risque sur la signature de la France et proposerait un prix en fonction notamment de la taille et du type du lot de créances. A la différence des emprunts moyen-long terme, tout en prêtant quotidiennement, le financier serait remboursé également quotidiennement par l’Etat pour les créances arrivées à leur échéance le même jour et pour lesquelles le financement aurait été effectué plusieurs dizaines de jours plus tôt. Ce netting quotidien des financements et des remboursements renforcerait l’appréciation faible du risque de cette opération.
Comme vérifié par des emprunts parfois proches de zéro, le risque d’Etat est clairement goûté par de nombreux types de financiers. Ce risque court terme, par rapport à d’autres formes de crédits accordés à la remporterait les suffrages de financiers soucieux d’une rotation rapide de leurs capitaux investis.
Quels seraient les risques ?
Dans cette forme de Reverse Factoring Souverain, la France n’emprunte pas ou ne requiert pas de crédit supplémentaire. Elle ne fait qu’obtenir du crédit court terme à ses fournisseurs en utilisant sa bonne notation. Naturellement, ce financement de type sans recours fera porter le risque par la France mais ne devrait pas être perçu comme un crédit (supplémentaire) pour le pays. C’est l’aspect vertueux de ce dispositif ; aller au nom de la France chercher des liquidités pour les entreprises de mon pays qui travaillent en confiance avec moi.
Quels coûts pour le pays ?
On pourrait froidement considérer que la survie du tissu PME français ne s’accommode pas de ces basses considérations vénales. En réalité ce dispositif, permettrait à l’Etat d’autofinancer ce type de démarche. En effet, la participation des financiers au programme pourrait requérir une contrepartie financière au titre d’un « apport d’affaires » exceptionnel. D’autres formules sont possibles mais disons-le tout net, l’Etat n’en serait pas de sa poche, bien au contraire.
Qui pourrait reprocher à l’Etat que cet acte de bonne gestion de son économie soit auto-financée ?
L’Etat pourrait décider de percevoir une rétrocession pour financer ses autres dettes… Quelle que soit la rétrocession retenue, le financement proposé aux fournisseurs demeurerait extrêmement compétitif !
Qui pourrait participer ?
Tous les fournisseurs seraient éligibles, et nul ne serait discriminé. Leur libre participation et leur utilisation en fonction de leurs besoins seraient motivées en fonction de leurs besoins en liquidités et leur pilotage de trésorerie. Un mécanisme permettrait d’assurer que les fournisseurs déclarés « fragiles » soient servis en priorité.
Si on observe les motivations des entreprises qui participent au Reverse Factoring proposé par leurs clients, leurs motivations sont diverses.
Ainsi de la TPE, en passant pas tous les formats de PME, jusqu’au format grand fournisseur Corporate, toutes ces catégories sont intéressées afin de pouvoir arbitrer leur besoin en trésorerie. Donc, le Reverse Factoring Souverain est un outil universel dont chaque fournisseur en fonction de sa taille et santé peut bénéficier.
Et les banques françaises ?
Le financement de l’économie ne peut pas être assumé (que) par les établissements financiers et ce pour plusieurs raisons. D’abord le montant du crédit-interentreprises est très important et ne pourrait être satisfait par les modalités actuelles de crédit.
D’ailleurs, l’affacturage et sa progression laborieuse malgré la crise démontre que ce dispositif sied à certains profils d’entreprises mais ne peut convenir à tous. Les conditions de participation à de l’affacturage ne sont pas atteignables par tous, ce qui est également le cas de l’assurance-crédit qui réduit son exposition de risque dans certains secteurs. Notons, que les conditions de découvert bancaire se sont également durcies. Cette combinaison de facteurs de raréfaction du crédit court terme demande une alternative mise en place rapidement.
Précisions qu’il ne s’agit en rien de léser les financiers et/ou assureurs crédit mais d’offrir le complément pour les fournisseurs ne pouvant pas ou plus accéder à ces formes traditionnelles de crédit court terme.
En synthèse
Le financement de notre économie demeure un sujet d’actualité, sans amélioration prévisible aux vues de la faible croissance prévue dans les mois à venir conjuguée à des contraintes auxquelles les banques doivent s’adapter. Les entreprises sont pourtant plus que jamais attelées au pilotage de leur cash. Quand ce dernier se fait rare ou lent à rejoindre leur compte courant, des solutions doivent être apportées. Quand l’Etat au travers de ses nombreuses administrations acheteuses est débiteur desPME, un dispositif doit permettre un afflux de cash si et quand besoin. L’Etat pourait ainsi pourvoir aux besoins de financement non servis par le secteur bancaire. Le financement de l’économie ne dépendrait donc plus du seul secteur bancaire qui a fort à faire avec sa gestion contraignante des risques.
Le Reverse Factoring déjà répandu dans les grands groupes du privé, soucieux de la santé financière de leurs fournisseurs doit s’étendre au public car les dynamiques sont semblables. Au delta près mais non négligeable de procédures de validation et de paiements différentes dans le public, le besoin en trésorerie des PME est identique. Une version adaptée du Reverse Factoring cette fois Souverain pourrait présenter rapidement un dispositif viable et simple d’utilisation au tissu PME français mais pas seulement. La signature de notre Etat lui permet déjà d’obtenir des conditions de financement inégalables pour ses propres besoins, il suffit d’en faire profiter aux entreprises créditrices qui en expriment le besoin.
Quel acte de communication majeur pour nos gouvernants qui déclareraient que le financement de l’économie est assuré et assumé, pour partie par ses soins et sans coûts associés pour les finances publiques.
Cela constituerait enfin une double bonne nouvelle !
A propos de Corporate LinX
Fondée en 2008, Corporate LinX permet aux grandes entreprises de dématérialiser et d’améliorer la performance financière de leur Supply Chain tout en optimisant durablement leur relation fournisseurs.
Ces améliorations sont atteintes grâce à la gestion dématérialisée et collaborative des transactions du cycle achat-règlement avec le portail Corporate Linx eXchange (CLeX). Le Portail CLeX permet notamment d’offrir directement du paiement anticipé contre escompte aux fournisseurs et également en y associant des partenaires financiers permettant une souplesse dans les délais de règlement. Au-delà de la solution technique innovante, Corporate LinX propose une étude et un accompagnement dans le déploiement auprès des fournisseurs, deux composants clés pour la réussite de ce type de programme.
Corporate LinX est le seul spécialiste indépendant français. Le portail transactionnel CLeX permet de dématérialiser les transactions et réduire les coûts opérationnels et d’améliorer le ‘Working Capital’ du donneur d’ordres ainsi que ses conditions de paiement avec ses fournisseurs.
Le portail CLeX a été développé exclusivement avec des technologies Microsoft ; son hébergement en mode SaaS est effectué sur l’infrastructure française d’IBM avec la participation d’Aspaway.
Corporate LinX est membre de la communauté d’experts, BFR TM.
Plus d’informations sont disponibles sur le site www.corporatelinx.com. |